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Re-Tour : ce que Gégé la turbine a vu de la première semaine du Tour de France 2010
Après une semaine de course et en ce jour de repos, il est temps de se remettre de nos émotions et de mettre en perspective les premières heures du Tour. C’est aussi une tradition. La pause des coureurs, c’est le jour de grande effervescence pour les commentateurs du Tour, ainsi que pour les passionnés, qui, inévitablement, refont la course et se rejouent en leurs forts intérieurs les belles images. Un petit vélo dans la tête, c’est sûr, ça amène à beaucoup de tours... en rond ! Nous avons rencontré l’un de ces passionnés. Gérard, alias Gégé la turbine, a bien voulu nous accueillir autour d’un pastis et entre deux parties de pétanque, pour nous confier ses impressions. Morceaux choisis d’un entretien qui restera dans nos mémoires... en partie en tout cas.
Les Acolytes Dumoulin Bicyclettes : Gégé, quelle course ! Parlez-nous un peu de vos impressions, de vos émotions.
Gérard, alias Gégé la turbine : Oh ben, vous savez, c’est quelque chose tout de même que ce Tour 2010... On en a pour notre argent ! Bon, hein, faut pas croire qu’on en gagne beaucoup, hein, et pis que c’est toujours les mêmes qui l’ont, mais, ça hé, c’est un autre débat comme dit Bébert. Alors, la course, ben ça commence bien tiens, avec un Suisse à l’heure.
Par Pierre-Marie Legrain
C’est à peu près cela que ça donne, le Tour. « Ils arrivent! Les voilà! » Chacun se tient prêt. La pression est palpable. Les spectateurs sont fébriles. Les pères tiennent les mains des enfants, hurlent les dernières consignes, sous le bruit du ballet des hélicoptères : « Reste avec moi. Derrière la barrière. Gare toi! » Les mamans sont là aussi. Elles tentent tant bien que mal de faire régner le calme. Elles osent introduire de l’humour sur la situation, dans le fracas des moteurs vrombissants des voitures ouvreuses, des sifflets stridents des gendarmes. « On va les voir, t’inquiète pas!».
Le grondement. Les grosses mouches hélicoptères, la frénésie de la course, l’emballement des foules. Avant même qu’elle soit ressentie par les coureurs, la pression médiatique est directement et physiquement vécue par tous ceux qui regardent passer le Tour. Mais ils sont là, eux aussi, au rendez-vous, pour le voir, pour les voir, pour la course. « Les voilà! Ils arrivent!»
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Petit tour des Flandres Françaises et grande course dʼun jour, le Paris-Roubaix surgit dans la saison cycliste des classiques ce dimanche et succède au «Ronde Van Vlanderen», le Tour des Flandres (belges celles-là), pour livrer une des plus belles partitions du monde de la course.
LʼEnfer du Nord, cʼest le temps qui sʼarrête, qui se remonte. Pendant une journée, ces hommes habituellement bigarrés de cale-pied en cuissard par leurs sponsors et mécènes se retrouvent bariolés dʼune toute autre couleur, la même pour tous : celle de la terre. La boue, la froidure, la poussière, confèrent à ces spartiates des grimages incroyables. Ce dont tout enfant rêve un jour, barboter dans la gadoue, se vautrer et voir les sillons se creuser sous ses pneus, ses pas, sa course, ces hommes-là le redoutent, le vénèrent et psalmodient des prières pour que leur soit épargnées chutes, 
Les classiques mettent à lʼhonneur le Nord. Cette terre de sacrifices, de douleurs. Ce 
Pour un gamin du Nord comme moi, elle nʼoccupe pas que cette fonction ténébreuse. Jʼai eu très peu dʼoccasion de voir la course. La «Pascale», je lʼécoutais à la radio, avec mon père qui pour un temps reprenait ses gammes et me contait Stablinsky, lʼarbre, Gand-Wevelghem, Bouvines, ou sʼirritait contre ces «flahutes» suceurs de roues ou en appelait à lʼesprit de De Vlaeminck.
Paris-Roubaix, je vais une nouvelle fois la suivre de loin. Elle me rapprochera comme toujours des champs de betteraves et de patates, des ballades dominicales sur les «plages de pavés» du Nord. Au coeur desquelles ces rocs sont les carottes et les bâtons de coureurs en quête de gloire. Le Paris-Roubaix, si vous le permettez, cʼest pour un chti en Québec une ostie dʼoccasion de prendre une bouffée de nostalgie et de tendresse. Une crisse de belle façon de sentir le fumier dʼmin coin, la bière des estaminets flandriens et entrevoir la bonhommie des passionnés ! À vos télés amis du
à lire : Philippe Delerm, La tranchée dʼArenberg et autres voluptés sportives, Folio,
Philippe Bouvet, Pierre Callewaert, Jean-Luc Gatellier, Serget Laget, Paris-Roubaix :