SUGOI ! FORMIDABLE !  

Pour qui a déjà regardé des mangas japonais en version originale, «sugoi» résonne comme une note récurrente, un mot dont la mélodie ponctue nombre de phrases des personnages aux grands yeux bleus. Et on y voit généralement de l’admiration, de la surprise, de l’engouement. La suggestion vaut démonstration : Sugoi, c’est formidable ! Croyez-moi, puisque mes yeux ne sauraient mentir !

 

Ce dimanche de fin mai, ensoleillé et estival, nous sommes sortis à vélo avec quelques amis. Sans concession, sans timidité, notre objectif était simple. Sortir de Montréal, de sa banlieue, trouver la campagne québécoise, chercher des champs et des agriculteurs. Saint-Jérôme, aller-retour. Sugoi ! Me direz-vous. Certes certes, d’autant plus que nous décidâmes d’emprunter la route verte, la célèbre piste cyclable qui traverse le pays. Après les révisions et préparatifs usuels, c’est-à-dire gonflage des pneus à la bonne pression, lubrification de la chaîne, remplissage des bidons d’eau (claire), achat des barres d’énergie, préparation des sandwichs (merci Chloé!), assurance d’avoir les kits de réparation d’urgence comprenant rustines, démonte-pneus, chambre à air de rechange, clés Allen, nous étions prêt à prendre la route. Sugoi !

 

Oui mais voilà, dans ce rituel bien connu, une nouveauté, je décidai d’essayer pour la première fois mon cuissard de la marque canadienne. Je précise aussi que ce fut mon premier essai de cuissard tout court ! Un choix bien judicieux, comme le révéleront... mes fesses à la fin de la journée. Sugoi !

 

Enjoués, motivés, excités par la belle journée, nous pédalâmes, imperturbables, concentrés sur nos machines. En chemin, nous avons tout de même pris le temps de discuter, de regarder passer les filles, de pouffer à la vue des petits chiens de banlieue, tenus non en laisse mais bien dans des porte-bébés, à même le ventre des mamans-ma-tante. Au fur et à mesure que nous traversions les différentes Montréal, la désespérément identique en tout point Laval, les très américaines Sainte-Thérèse et Blainville, nous arrivâmes en campagne, au bout de 45 kilomètres ! Sugoi !

 

Il fit chaud ce jour. La ballade valait le coup. Nous étions heureux de notre parcours. Malgré quelques égarements, nous avions réalisés l’objectif. Après une glace, une restauration bien méritée et une petite sieste en place publique de Saint-Jérôme, tout à fait charmante, nous sommes repartis pour le voyage retour.

 

Il n’y aurait pas vraiment d’intérêt à lire ces quelques lignes si je ne vous révélais pas le compte-rendu de mon expérience Sugoi... Hé bien, je ne vais plus vous faire mijoter...

 

Le cuissard Sugoi est édifiant. Surprenant de confort. Durant toute la ballade, je n’eus ni mal aux fesses, ni trop chaud. Aucun frottement intempestif ne vint m’irriter. Le chamois protégea mon séant, bien calé qu’il était, bien positionné, ce qui me permit de vraiment profiter du paysage. Je ne fus pas poisseux, pas dégoulinant, et je dirais que le bas de mon corps a réussi à réguler parfaitement sa température. Sugoi ! Et attendez... c’est pas fini ! Je n’eus aucune irritation au niveau des bretelles ! Sugoi ! Et même, rendez-vous compte, à la fin de la journée, grâce à mon cuissard, je me sentis un peu plus cycliste, un peu plus proche du gamin que j’étais, celui qui rêvait de rouler vers la gloire, tout paré des attributs mystérieux du coureur professionnel. Pourquoi ? parce que j’avais la trace du soleil arrêté sur ma cuisse. La fameuse bande de bronzage qui, tel un tatouage en forme de laisser-passer, permet l’intégration d’un tiers dans la famille des cyclo-pratiquants ! Et là, outre les 130 kilomètres avalés, ce fut bien là pour moi une autre marque de fierté ! Merci Sugoi !

 

Bref, il ne faudrait pas croire que cet artefact vestimentaire permet de pédaler pendant des heures sans aucun problème. Un cuissard, quel qu’il soit, n’enlève pas l’effort à fournir. Néanmoins, lui et mon nouveau vélo de course, ont bien agit sur moi tels des pots belges mystérieux, afin d’apprécier avec délectation l’effort de la journée. En résumé, j’avais les yeux grands ouverts, pleins de surprise et d’admiration, pleins d’engouement... tout débordants d’un message... SUGOI !