Ah l'hiver

Matane en hiver…deux premiers jours

Cet article est écrit par notre ami Rémi qui, après une maîtrise obtenue en 2010 à Montréal et un an de voyage, s’est retrouvé pour le travail à Matane, la plus gaspésienne des villes du Bas-Saint-Laurent, pour les prochaines années. Il nous relate donc à l’occasion ses histoires avec ses fidèles compagnons sur deux roues, en particulier Georges, un Dahon Mu Uno.
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Me voilà arrivé à Matane! Je ne connaissais que très peu la ville avant d’arriver, puisque je n’étais passé qu’une fois. (Tous les détails ici.) Ce n’était pas en hiver, je ne savais donc pas précisément à quoi m’attendre, à part de beaux bancs de neige et des plaques de glace par-ci par-là.

Je suis servi! Ici, l’hiver est plus rude qu’à Montréal. Il fait environ 5 degrés de moins en moyenne sur l’année, et il neige vraiment plus! Les Schwalbe Marathon Winter dont j’ai équipé mon beau Dahon Mu Uno (George pour les intimes) ne sont pas de trop. D’ailleurs, je réitère mes commentaires de l’article précédent quant à leurs performances!

Rouler l’hiver ici, ça prend de l’équipement. Lundi, lors de mon premier jour de travail, il faisait -21, avec 30 km/h de vent, et probablement des rafales bien plus fortes. Autant vous dire que je suis bien content d’avoir une veste “windstopper”. Une des premières choses que me disent les gens quand ils apprennent que je circule à vélo, c’est “doit pas faire chaud, en bécyk!”. Personnellement, je n’ai jamais eu froid en vélo d’hiver, sauf quelques fois aux mains. Pédaler, ça réchauffe…encore plus quand on doit lutter contre le vent. Mais cela ne marche probablement que lorsque l’on est bien équipé.

Je me cherche un logement, et dois donc rencontrer des propriétaires. Il faut donc un signe distinctif, et une des questions qui m’est toujours posée, c’est “vous avez quoi, comme auto?”: il est évident que personne ici ne roule à vélo, encore moins l’hiver. Lorsque je réponds que j’ai pas d’auto et que je suis à vélo, plusieurs réactions sont possibles.

Souvent, le monde rit. Je pense qu’il s’agit d’un rire de surprise, genre “Ahah! La bonne blague, à vélo, c’est fou ça!”. C’est vraiment la réaction la plus fréquente. Ensuite, je dirais que le “Oh wow, à vélo, le malade, il va se tuer…”, que pensent probablement les personnes qui ne rient pas, arrive en seconde position. Je n’ai pour l’instant pas rencontré de dédain apparent, ni de moquerie, ni au contraire de sympathie particulière. Mais il semble évident que bien du monde trouve que c’est fou, dans un sens ou dans l’autre.

Dans mon hôtel, beaucoup de monde circule en motoneige. Alors que je prends une photo de George aligné avec les gros cubes pour le fun, un des pilotes sort de sa chambre et voit mon vélo. J’ai vraiment aimé ce qu’il a dit, qui avait l’air assez sincère: “un moyen comme un autre!”.

Oui, le vélo est un moyen de transport comme un autre. Comme les autres, il a ses avantages, comme les autres, il a ses inconvénients. Les sensations qu’il offre sont inégalables…comme celles qu’offre le ski-doo, j’en suis sûr. Le pick-up que je devrai utiliser pour visiter les chantiers pendant le travail aura lui aussi ses avantages. Mais ce ne sera pas sa consommation d’essence…

Jusqu’à présent, la plupart des fois où je me suis fait dépasser étaient vraiment respectueuses. Je me suis fait dépasser une seule fois par un danger public qui accélérait comme un fou depuis le dernier carrefour. Probablement un jeune, espérons qu’il ne tue personne s’il a un accident. De manière générale, les conducteurs me semblent quand même relativement prudents et respectueux. Mais ça fait deux jours que je roule ici…affaire à suivre, donc.

Au plaisir de vous écrire!

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