Si je vous dis «courroie de transmission», je parie que cela vous évoquerait plutôt le champ lexical de l’automobile. On pourrait même penser directement à ce brave Georges du garage de L’Isle-sur-la-Sorgue qui, sortant une tête marquée par l’expression de la gravité, déclare en une phrase lapidaire : «Monsieur, je vais devoir changer la courroie». Ou pas.
La transmission, c’est mécaniquement ce qui est le plus important sur un véhicule «autonome», quel qu’il soit. Sans elle, sans engrenage, sans «entrainement», pas de motion. Une fois qu’on a le mouvement, il faut ensuite s’inquiéter de la manière dont on arrête ce dernier, via un système de freinage.
Depuis quelques années, les courroies de kevlar sont fournies «de série» sur un nombre croissant de vélos. D’abord cantonnées à des montures très haut-de-gamme, voire artisanales, ce sont les plus grandes marques qui désormais ont adopté ces systèmes pour les populariser. Pourquoi ? Quels avantages proposent les courroies par rapport à la chaine «classique» ? Et d’abord, qu’est-ce qu’une courroie ?
La courroie : de quoi parlons-nous ?
Vous connaissez la chaine de vélo. Ces mailles entrelacées et assemblées qui courent le long du pédalier, suivent un chemin quasi spéléologique via le dérailleur et la cassette, et qui en terminant leur révolution vous permettent d’avancer ? Vous voyez de quoi je veux parler… Ces mailles ont deux «faiblesses» : l’usure et la rouille. La chaine d’un vélo se détend. Elle a besoin d’être lubrifiée, et agrège ainsi du cambouis, potentiellement très salissant. Qui a déjà «déraillé» sait parfaitement de quoi l’on parle ici.
La courroie de kevlar remplace la chaine. Placés sur un pignon et un plateau dédié, il n’y a plus de dérailleurs, plus qu’une courroie tendue qui permet d’entraîner la roue arrière.
Le kevlar est un polymère thermoplastique. On trouve des «cycles à 6 de carbone» dans le kevlar. Ce sont 6 atomes de carbone qui se partagent des électrons. La fibre de carbone, très solide, ou encore le diamant, ont également en leurs «cœurs» des cycles à 6 de carbone. Le diamant par exemple, est une représentation tridimensionnelle de cycles à 6… c’est vous dire la solidité, la stabilité et la durabilité de ce matériau.
Il faut ainsi déduire que la courroie est un système de transmission qui dure longtemps, (plusieurs milliers de kilomètres), qui n’a pas besoin d’entretien (pas de lubrification). L’objectif est d’avoir un procédé hyper fiable, au rendement intéressant et à la durabilité sans précédent.
Comparaison courroie/chaine : avantages, observations.
Comme souligné juste au-dessus, la courroie dure plus longtemps que la chaine. Il n’est pas nécessaire de la lubrifier. Il faut simplement que sa tension soit au diapason. L’ajustement se fait en effet avec un outil qui ressemble tout à fait au «la de métal» des musiciens.
En général, la courroie de kevlar est installée sur des vélos avec des moyeux à vitesses internes (Alfine, Nexus, Sram, Sturmey Archer, NuVinci, etc…). Pourquoi ? Parce que ces moyeux offrent plusieurs vitesses 3, 5, 7, 8, 11 et plus encore), mais à l’intérieur d’une boite de vitesses. C’est scellé et c’est surtout sur un axe qui ne nécessite qu’un seul pignon. Pas de dérailleur, ni à l’avant, ni à l’arrière, un seul plateau, un seul pignon. Moins de pièces soumises aux affres du temps, et par conséquent, une meilleure durabilité.
> En savoir plus sur les moyeux internes
Il est nécessaire d’avoir un cadre «ouvert», en anglais, on parle de «splitter». C’est-à-dire que le triangle arrière doit pouvoir s’ouvrir du côté «transmission» afin d’installer et retirer la courroie. En effet, cette dernière ne peut se «détacher» ou bien se retirer avec une maille patente ou un dérive-chaine. Si la courroie équipe généralement des vélos typiquement urbains, on a vu des concepts plus «performants» entrer dans la danse.
La marque Gates Carbon Drive est le fer-de-lance de la nouvelle génération de courroie. Le système est très au point, avec des pignons et plateaux aux dents en forme de T, offrant une excellente stabilité en toute saison (même la plus froide).
En conclusion, les navetteurs (commuters) adoreront cette technologie parce qu’elle leur offre la fiabilité, la tranquillité d’esprit ainsi que la durabilité. Le prix restait auparavant une barrière, mais aujourd’hui, on voit des grandes compagnies offrir des excellents vélos urbains avec ce système, pour des prix plus abordables. Le triptyque gagnant : simple, sans rouille, durable.
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