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Jocelyn est mécanicien chez Dumoulin Bicyclettes. Ancien enseignant, il pratique le vélo quatre saisons depuis plusieurs années. Passionné et enthousiaste, il a spontanément proposé de nous livrer son témoignage sur le vélo en hiver au Québec. Et c’est du sérieux ! Pendant plusieurs années, Jocelyn faisait entre 20 et 40 kilomètres de trajets quotidiens, entre Montréal et Laval… Toute une performance.

Questions sur un mode de vie

Je pratique le vélo d’hiver, comme mode de déplacement, depuis 5 ans. Avant cette transition, j’utilisais surtout ma voiture ou les transports en commun. Depuis, je me fais souvent poser des questions par des amis, des connaissances, des clients en magasin.

Les questions qui suivent sont celles qui me sont le plus souvent demandées.


Les craintes est les incertitudes sont souvent les mêmes, pour les cyclistes occasionnels comme pour ceux qui roulent plus fréquemment. L’hiver est intimidant au Québec. Pourtant, ça fait des années que l’on vit avec et même, qu’il est constitutif de notre identité.

S’il faut parfois avoir du courage pour rouler en vélo en hiver, le plus souvent, c’est simplement la continuité de notre mode de vie.


la ride vers Deux-Montagnes

S’il faut parfois avoir du courage pour rouler en vélo en hiver, le plus souvent, c’est simplement la continuité de notre mode de vie.

Les débuts ? Comment as-tu décidé de rouler à vélo ?

Par défaut ! Lorsque j’ai troqué ma voiture pour le vélo, j’ai découvert un monde meilleur, plus calme, moins stressant… sans bouchons de circulation ! de fil en aiguille, j’ai roulé l’été, l’automne. Je m’habillai de plus en plus chaudement jusqu’à ce qu’un jour de novembre, la neige arrive ! J’ai décidé de continuer. Tout simplement.

Les bénéfices pour ma santé physique et psychologique ont tout simplement emporté la décision et relégué mes incertitudes au statut de préjugés et de malentendus !


Ça ne t’a pas fait peur ?

Bien sûr ! J’étais terrorisé la première fois. Peur de chuter, peur des voitures, peur de glisser. Je partais de la maison pour enseigner à Laval. C’est loin et, pas forcément super bien déneigé !

Pourtant, cinq minutes plus tard, j’ai ressenti un sentiment quasi-indescriptible de liberté. De joie pure. C’était un peu comme redevenir un enfant le temps d’un trajet vers le boulot.

L’hiver n’allait plus être la sale saison, à travers laquelle il faut passer, mais plutôt un moment spécial de ma «Nordicité».


le jour du lavage

L’hiver n’allait plus être la sale saison, à travers laquelle il faut passer, mais plutôt un moment spécial de ma «Nordicité».

N’est-ce pas dangereux de rouler en vélo en hiver ?

Statistiquement, non. Le nombre d’accidents impliquant des cyclistes n’augmente pas pendant l’hiver [Référence – état du vélo _ Vélo Québec]. Personnellement, je ne me suis jamais senti menacé non plus. En tout temps, le danger principal pour un cycliste est la collision avec un autre véhicule. Ça ne change pas pendant l’hiver. Je reste prudent, mais je n’ai jamais senti de différence avec les autres saisons.

Comment fais-tu pour rouler pendant ou après les grosses tempêtes?

J’aime bien cette question ! Elle sous-entend qu’il faut être capable de se transformer en super-héros sur deux roues ! La réalité est moins spectaculaire : s’il y a trop de neige ou de verglas, je ne roule tout simplement pas.

Chaque matin, je jette un coup d’oeil dehors et, si la météo me semble trop difficile pour prendre ma voiture, je ne prends pas mon vélo non plus. Je dépoussière le pot de change et je prends le bus !

Les raisons ne manquent pas pour justifier cette pratique, -rouler dans la neige, l’amour du froid, des paysages hivernaux, pour rester en forme, pour l’environnement-. Certains ne roulent que lorsqu’il fait beau, que les rues sont entièrement dégagées, alors que d’autres deviennent tout excités à l’idée de braver une grosse tempête! Je crois qu’il est important de considérer la possibilité de ne pas prendre son vélo, de faire autrement. Se créer un «plan B» est alors une autre manière de bien vivre son hiver à vélo.

Velo_Hiver_Photo


Rouler en hiver ne risque-t-il pas d’endommager ton vélo ?

Oui. En tant que mécanicien et adepte, force est d’admettre que oui. La plupart des composantes de vélo ne sont pas conçues pour résister aux hivers québécois. Parfois, une seule saison peut ruiner une bicyclette mal préparée.

Un vélo bien graissé, entretenu, survivra mieux aux rigueurs de l’hiver. Après quatre hivers, le vélo sur lequel je me déplace quotidiennement fonctionne encore sans accrocs.

J’ai testé plusieurs méthodes «maison» pour protéger mon vélo : cire pour les carrosseries de voiture, savon à vaisselle, paraffine… tout ce qui m’apparaissait susceptible d’empêcher cet heureux mélange d’abrasifs et de neige fondue qu’on appelle si affectueusement «slotche», de s’infiltrer un peu partout. Ça, et laver, le plus souvent possible.

Il m’est arrivé d’utiliser le bain de mon appartement pour rincer mon vélo!


Est-ce que je dois équiper mon vélo avec des pneus d’hiver ?

Oui! Pour les mêmes raisons que sur une voiture, il ne nous viendrait pas à l’idée de nous promener avec des pneus «d’été» pendant l’hiver. L’adhérence de pneus spécifiques est sans commune mesure et offre par conséquent un meilleur confort et une sécurité adaptée.


J’ai essayé plusieurs combinaisons au fil des ans, j’ai toujours été le plus en confiance avec un pneu clouté sur la roue avant. À l’arrière, c’est plus ambigüe : pour une stabilité maximale, même sur la glace noire, un pneu à clous aide beaucoup, mais il est vrai qu’un pneu cramponné peut «faire la job».

Vous pensez vous mettre au vélo d’hiver ? Faites-le ! Cela n’engage que vous et personne ne viendra vous forcer à continuer ou vous jugera négativement si l’expérience ne vous plaît pas.

Vous avez des questions ? Rendez-nous visite et il nous fera plaisir de vous répondre.

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